Articles

Ceux qui sont venus par la mer...

Image
Tout comme bons nombre de migrants arrivaient aux Etats Unis par le centre d'Ellis Island à New York, nos grands parents polonais candidats à l'émigration vers la France étaient, pour beaucoup, recrutés à Myslowice en Pologne puis parcouraient près de 2000 kilomètres en train (soit à peu près 44 heures de voyage) pour être parqués au camp de Toul en Meurthe-et-Moselle avant de recevoir une affectation de travail soit dans les mines, soit dans les exploitations agricoles. En réalité, Myslowice n'était pas le seul bureau de recrutement sur le sol Polonais; il en existait un autre à Poznan. Les deux centres acheminaient les immigrants par voie ferroviaire jusque Toul. A partir de janvier 1923, avec l' occupation de la Ruhr par la France, les choses se compliquent.  Cette occupation de la Ruhr manque de tout remettre en question puisque, à titre de représailles, l’Allemagne refuse de laisser circuler les convois de Pologne à travers son territoire. Ce blocus durera treize ...

Sociétés polonaises de tir en France

Image
 Kurkowe Bractwo Strzeleckie que l'on peut traduire par Confrérie de Tireurs du Coq, c'est ainsi que se nomment ces sociétés de tir en Pologne jusqu'à nos jours. Emblème de la Confrérie du Coq Bractwo Kurkowe Ces confréries de tireurs datent du XIIIème siècle et seraient nées Tantôt à Swidnica en Silésie, tantôt à Poznan en Grande Pologne pour essaimer sur l'ensemble du territoire polonais. Elles porteront d'ailleurs plusieurs noms : Compagnie de Tir, Confrérie des Tireurs ou Confrérie du Coq. Cette dernière appellation tient son nom du fait qu'à ses débuts, des coqs et des poulets vivants étaient utilisés comme cibles pour apprendre à tirer. Ils ont ensuite été remplacés par un coq en bois appelé Kurk. On y tirait à l'arc, puis à l'arbalète et enfin à la carabine. Ces confréries, jouissant du haut patronage des rois de Pologne, jouèrent un rôle prépondérant dans la vie des villes et des villages. Elles ont réussi à maintenir leurs rites et traditions j...

Les expulsés du 11 août 1934

Image
Fosse 10 de l'Escarpelle - Leforest (62)  "...De 1917 à 1939, au nom de l'héritage révolutionnaire et jacobin, la France républicaine a fiché, sélectionné, surveillé, interné, purgé et déporté les étrangers. Contre eux, elle a bâti un appareil systématique d'exploitation légale et économique. Contre eux, elle a recouru à la carte d'identité, à l'encadrement de l'emploi, aux camps de concentration et aux wagons de rapatriement...." . Ceci est une partie de la présentation de l'ouvrage intitulé La République xénophobe de Pierre-Jean Deschodt et François Huguenin. L'année 1934 est marquée par la crise économique, des manifestations violentes , la montée des nationalismes, l'arrivée massive de réfugiés fuyants l'Allemagne nazie. Bref, l'ambiance n'est pas bonne même jusque dans les mines où les travailleurs polonais sont sous la menace de l'amende systématique (retenue sur salaire) pour trois fois rien, du chômage voire de l...

Post Mortem

Image
 J'ai longtemps hésité à vous proposer cet article car le thème de la mort est sensible et que les images peuvent heurter voire choquer nos sensibilités contemporaines. Néanmoins, cet aspect de la mort, cette relation avec nos défunts a été pendant un temps une coutume pour nos grands parents, surtout au sein de l'immigration polonaise.Cette tradition est encore en usage dans certaines parties de la Pologne actuelle. Au début du XXème siècle, il était courant de photographier les défunts, comme un dernier hommage, mais surtout ce “dernier portrait” avait une importance capitale dans le processus de deuil. Très peu de monde possédait un appareil photo à cette époque. Prendre une photo nécessitait un savoir-faire et un matériel conséquent, il fallait donc faire venir un professionnel pour immortaliser les moments importants de la vie : Mariage, communion, portait de famille,  ou pour immortaliser pour la dernière fois les traits du grand-père ou d’un jeune enfant trop tôt dispar...

Le grand amour polonais de Balzac

Image
Tout commence un beau jour de l'an 1832 lorsque l'écrivain Honoré de Balzac reçoit un courrier transmis par son éditeur Charles Gosselin . Pour une fois, ce n'était pas une sommation d'huissier, mais à la fois un message d'admiration de l'écrivain et une critique de son dernier roman... La missive a été postée le 28 février 1832 à Odessa. Elle est signée d'une admiratrice qui signe " l’Étrangère ". C'est le début de dix-huit années de passion, de relations épistolaires enflammées entre Honoré et Ewelina (qu'il appelait Eve) qui finiront par un mariage des plus éphémères. Daguerréotypes de Balzac et Madame Hanska L'étrangère? Odessa? Comment lui répondre ?  L'écrivain publie une annonce dans la Gazette de France, datée du 4 avril 1832 :  " M. de B. a reçu la lettre qui lui a été adressée le 28 février ; il regrette d'avoir été mis dans l'impossibilité de lui répondre ; et si ses vœux ne sont pas de nature à être publiés...